Secteur · Services aux entreprises
Services aux entreprises : déplacements, achats, numérique et locaux loués
Contenu vérifié le 14 août 2026
Ce qu'on vous demande, et qui le demande
Le grand compte client, chaque année
Une évaluation sur plateforme avec pièces à l'appui, ou un questionnaire propriétaire de plusieurs dizaines de questions, souvent envoyé au commercial et découvert tard.
L'acheteur public ou privé, dans la consultation
Un mémoire environnemental portant sur une prestation immatérielle, où l'absence de sujet évident se retourne vite en réponse creuse et mal notée.
Le client qui construit son propre bilan
L'empreinte de la prestation vendue, par jour d'intervention, par poste géré ou par euro facturé, pour alimenter ses achats de services sans l'estimer.
La banque, au moment d'un financement
Les éléments de base d'un dossier de durabilité, souvent sur le modèle de la norme volontaire, indépendamment de la taille de l'entreprise.
Les indicateurs qui comptent ici
Déplacements professionnels : kilomètres par mode, voiture, train, avion
C'est le premier poste réel du secteur, très loin devant le papier et les consommables, et c'est le seul que les clients savent recouper avec vos notes de frais refacturées.
Déplacements domicile-travail et part de télétravail
C'est systématiquement demandé dans les questionnaires, et c'est le poste que le plan de mobilité oblige déjà à documenter dans les entreprises concernées.
Énergie des locaux, y compris quand ils sont loués
Les consommations restent imputables à l'occupant, elles figurent dans les appels de charges, et le dispositif de réduction des consommations du parc tertiaire s'applique au-delà de mille mètres carrés.
Achats de biens et de services, à partir de la comptabilité
C'est le poste dominant d'une activité de services, et la balance fournisseurs est la seule source complète. Un dossier sans elle n'a pas de chaîne de valeur amont, quoi qu'il affirme.
Parc numérique : nombre d'équipements, âge et durée d'usage
L'essentiel de l'empreinte numérique tient à la fabrication des équipements et à leur durée de vie, pas aux usages quotidiens. C'est aussi la donnée la plus facile à sortir de l'inventaire informatique.
Indicateurs sociaux : rotation du personnel, formation, écart de rémunération
Le secteur est évalué sur le social bien plus que sur l'environnement, et ces données existent déjà dans les obligations de ressources humaines.
Papier et consommables
Ils sont demandés, donc ils se collectent. Ils ne sont pas significatifs, et une page honnête le dit plutôt que d'en faire l'ouverture du rapport.
Où la donnée se trouve déjà chez vous
Déplacements professionnels
Logiciel de notes de frais, factures de l'agence de voyage, relevés des cartes carburant des véhicules de service
Qui la détient en interne : La comptabilité, et l'office manager pour les réservations
Domicile-travail
Enquête interne annuelle, ou distance calculée à partir des codes postaux du fichier du personnel, avec la part de télétravail des accords en vigueur
Qui la détient en interne : Les ressources humaines
Énergie des bureaux
Appels de charges du bailleur et annexe environnementale du bail, ou factures directes quand le contrat est au nom de l'entreprise
Qui la détient en interne : La direction administrative et financière
Achats
Balance comptable par compte fournisseur, exportée du logiciel comptable, seule source réellement complète du poste
Qui la détient en interne : La direction financière
Parc informatique
Inventaire du parc dans l'outil de gestion, contrats d'hébergement et de services en ligne
Qui la détient en interne : Le responsable informatique, ou le prestataire infogérant
Données sociales
Registre du personnel, bilan social, index d'égalité professionnelle, plan de développement des compétences
Qui la détient en interne : Les ressources humaines
Une remarque qui vaut pour les six secteurs : la donnée manquante est presque toujours une donnée détenue par quelqu'un d'autre, pas une donnée inexistante. C'est pour cette raison que le premier livrable utile n'est pas un rapport, c'est la liste nominative de qui doit fournir quoi, et pour quelle date.
Les trois erreurs fréquentes du secteur
Erreur 1. Conclure qu'une entreprise de services a peu d'impact, et limiter le dossier au papier, aux gobelets et au tri des bureaux.
À la place : Les déplacements et les achats représentent l'essentiel. Un dossier qui ne contient pas la balance fournisseurs ne contient pas la chaîne de valeur amont, et un client qui l'ouvre le voit en trente secondes. On commence par la comptabilité, pas par la machine à café.
Erreur 2. Écarter les locaux au motif qu'ils sont loués et que les compteurs ne sont pas au nom de l'entreprise.
À la place : Les consommations de l'occupant restent les siennes. Elles figurent dans les appels de charges du bailleur, et l'annexe environnementale du bail organise l'échange d'informations entre le propriétaire et le preneur. La demande se fait par écrit au gestionnaire, une fois par an, et elle se conserve comme preuve.
Erreur 3. Calculer une empreinte numérique à partir du nombre de courriels envoyés ou de la taille des pièces jointes.
À la place : C'est le chiffre le plus recopié et le moins soutenable du secteur, et il ne résiste à aucune question sur sa méthode. La donnée qui compte est le nombre d'équipements, leur âge et leur durée d'usage, disponible dans l'inventaire informatique, à laquelle s'ajoutent les contrats d'hébergement.
Les textes qui s'appliquent
Voluntary Standard
Un cadre de reporting proportionné, destiné aux entreprises non cotées hors champ de la CSRD. Il porte surtout une chose que presque personne ne vend : un plafond opposable à ce qu'un donneur d'ordre peut exiger.
BEGES
Une obligation française, ancienne, périodique, avec une amende et une conditionnalité d'accès aux aides publiques. Environ un tiers seulement des entités assujetties dépose dans les délais.
EmpCo
Toute affirmation environnementale adressée au consommateur doit être étayée. Les allégations génériques non prouvées et les labels d'auto-certification deviennent des pratiques commerciales trompeuses.
CSRD
La directive sur la publication d'informations en matière de durabilité impose un rapport de durabilité vérifié, construit sur les normes ESRS. L'Omnibus en a réduit le champ d'environ 50 000 à environ 5 000 entreprises.
Aller plus loin
BTP et second œuvre
Les déchets de chantier, le gazole non routier et la sous-traitance en cascade concentrent l'essentiel des demandes reçues par une entreprise du bâtiment. Voici ce qui est réellement exigé, par qui, et dans quel document la donnée existe déjà chez vous.
Agroalimentaire
L'eau prélevée, les fuites de fluides frigorigènes et l'origine des matières couvertes par le règlement sur la déforestation concentrent les demandes reçues par un industriel de l'agroalimentaire. Voici ce qui est exigé, par qui, et dans quel document la donnée existe déjà.
Répondre à un questionnaire client
Le questionnaire rendu au format d'origine, avec la pièce derrière chaque réponse et les trous nommés comme trous.
Puis-je refuser
Ce qu'un donneur d'ordre peut exiger, ce qu'il ne peut pas, et la formulation d'un refus qui tient par écrit.
Savoir où vous en êtes sur ces indicateurs
Le diagnostic rapide part de vos données actuelles et indique lesquelles tiendraient devant la première question d'un client ou d'un vérificateur, et lesquelles ne tiendraient pas. Sans compte, et sans engagement.
Ces informations décrivent des textes publics. Elles ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas la lecture du texte lui-même.