Secteur · Agroalimentaire
Agroalimentaire : eau, froid, matières importées, et ce que la distribution exige
Contenu vérifié le 14 août 2026
Ce qu'on vous demande, et qui le demande
La centrale d'achat de la grande distribution
Une évaluation sur plateforme, renouvelée chaque année, avec pièces à l'appui : politique, indicateurs environnementaux du site, engagements sur les matières sensibles.
Le client industriel qui met le produit fini sur le marché
Les éléments de diligence raisonnée sur le cacao, le café, le soja, l'huile de palme et le bœuf, y compris quand vous n'êtes pas l'importateur.
L'éco-organisme des emballages
La déclaration annuelle des tonnages mis sur le marché par matériau, qui détermine la contribution et ses modulations.
La banque, au moment d'un investissement industriel
La consommation d'énergie et d'eau par tonne produite, parce que c'est ce qui détermine la sensibilité du site au prix des utilités.
Les indicateurs qui comptent ici
Eau prélevée et eau rejetée, par tonne produite
Le secteur est le premier consommateur industriel d'eau et la ressource est encadrée par arrêté préfectoral, avec des volumes déclarés à l'agence de l'eau. C'est un indicateur mesuré, contrôlé, et donc défendable.
Fluides frigorigènes : charge installée et fuites constatées, par gaz
C'est souvent le deuxième poste d'émissions directes d'un site du froid, parfois le premier, parce que le pouvoir de réchauffement de ces gaz se compte en centaines ou en milliers. Les contrôles d'étanchéité étant obligatoires, la donnée existe déjà.
Énergie de procédé : gaz pour la cuisson et la vapeur, électricité pour le froid
Cuisson, pasteurisation, séchage et froid positif ou négatif expliquent l'essentiel de la facture. Rapportée à la tonne produite, la consommation devient comparable d'une année à l'autre et pilotable.
Pertes et gaspillage alimentaire, en tonnes et en part du volume produit
C'est l'indicateur que la distribution demande en premier, celui sur lequel les obligations de dons et de valorisation se sont construites, et le seul qui parle autant au directeur d'usine qu'au client.
Volumes et origine des matières couvertes par le règlement sur la déforestation
Cacao, café, soja, huile de palme, bœuf et caoutchouc entraînent une exigence de géolocalisation des parcelles qui remonte toute la chaîne. C'est la donnée la plus longue à obtenir, donc celle qu'il faut commencer à demander le plus tôt.
Emballages mis sur le marché, par matériau
La déclaration à l'éco-organisme est déjà faite chaque année : c'est une donnée existante, chiffrée et opposable, que la plupart des dossiers oublient alors qu'elle est prête.
Transport amont et aval, en tonnes multipliées par kilomètres
La chaîne du froid pèse davantage qu'un transport sec, et le client final le demande de plus en plus au niveau de la référence produit, pas seulement du site.
Où la donnée se trouve déjà chez vous
Eau prélevée
Relevés de compteurs de forage et de réseau, déclaration annuelle à l'agence de l'eau, factures du distributeur
Qui la détient en interne : Le responsable maintenance ou environnement du site
Fluides frigorigènes
Fiches d'intervention du frigoriste et registre de l'équipement, qui portent le gaz, la charge et la quantité rechargée
Qui la détient en interne : Le service maintenance, et le prestataire frigoriste qui détient l'historique complet
Énergie
Factures de gaz et d'électricité, et supervision technique du site quand elle existe, pour la répartition par atelier
Qui la détient en interne : Les services techniques, et la comptabilité pour les factures
Origine des matières premières
Fiches techniques et certificats d'origine des fournisseurs, référencés dans le progiciel achats
Qui la détient en interne : Le service qualité pour les fiches, les achats pour les volumes
Emballages
Déclaration annuelle à l'éco-organisme et nomenclature des articles, qui portent le poids d'emballage par référence
Qui la détient en interne : L'administration des ventes ou le service emballage
Pertes et rebuts
Écarts d'inventaire et déclarations de rebut dans le progiciel de production
Qui la détient en interne : Le responsable de production, et le contrôle de gestion industriel
Transport
Factures des transporteurs et fichiers d'expédition du prestataire logistique
Qui la détient en interne : Le service logistique
Une remarque qui vaut pour les six secteurs : la donnée manquante est presque toujours une donnée détenue par quelqu'un d'autre, pas une donnée inexistante. C'est pour cette raison que le premier livrable utile n'est pas un rapport, c'est la liste nominative de qui doit fournir quoi, et pour quelle date.
Les trois erreurs fréquentes du secteur
Erreur 1. Oublier les fuites de fluides frigorigènes, ou les compter en kilogrammes sans appliquer le pouvoir de réchauffement du gaz concerné.
À la place : Une recharge de quelques dizaines de kilogrammes peut peser autant que plusieurs centaines de tonnes équivalent carbone selon le fluide. La quantité rechargée figure sur les fiches d'intervention du frigoriste, gaz par gaz : c'est la donnée à collecter, et le facteur s'applique ensuite.
Erreur 2. Déclarer la consommation d'eau à partir des seules factures du réseau, alors que le site est alimenté principalement par un forage.
À la place : L'eau de forage n'est pas facturée mais elle est comptée : elle figure sur les relevés du compteur et dans la déclaration faite à l'agence de l'eau. Un volume déclaré qui ignore le forage est faux d'un ordre de grandeur, et l'écart se voit dès que quelqu'un rapporte le chiffre à la tonne produite.
Erreur 3. Considérer que le règlement sur la déforestation ne concerne pas l'entreprise parce que le fournisseur est européen.
À la place : L'exigence porte sur la matière et sa parcelle d'origine, pas sur la nationalité du vendeur. Un intermédiaire européen ne fait pas disparaître la question : il déplace seulement la personne à qui vous devez demander les informations d'origine, et cette demande prend des mois. Elle se lance avant l'échéance, pas après.
Les textes qui s'appliquent
EUDR
Sept matières premières et leurs produits dérivés ne peuvent être mis sur le marché européen que s'ils sont exempts de déforestation, légaux, et couverts par une déclaration de diligence raisonnée.
EmpCo
Toute affirmation environnementale adressée au consommateur doit être étayée. Les allégations génériques non prouvées et les labels d'auto-certification deviennent des pratiques commerciales trompeuses.
BEGES
Une obligation française, ancienne, périodique, avec une amende et une conditionnalité d'accès aux aides publiques. Environ un tiers seulement des entités assujetties dépose dans les délais.
Voluntary Standard
Un cadre de reporting proportionné, destiné aux entreprises non cotées hors champ de la CSRD. Il porte surtout une chose que presque personne ne vend : un plafond opposable à ce qu'un donneur d'ordre peut exiger.
Aller plus loin
Transport et logistique
L'information sur les émissions des prestations de transport, la part modale et les données télématiques concentrent les demandes reçues par un transporteur ou un logisticien. Voici ce qui est exigé, par qui, et où la donnée existe déjà dans vos systèmes d'exploitation.
Métallurgie et mécanique
Le mécanisme d'ajustement carbone sur le fer, l'acier et l'aluminium, l'énergie des fours et les rejets d'atelier concentrent les demandes reçues par un industriel de la métallurgie. Voici ce qui est exigé, par qui, et dans quel document la donnée existe déjà.
Répondre à un questionnaire client
Le questionnaire rendu au format d'origine, avec la pièce derrière chaque réponse et les trous nommés comme trous.
Puis-je refuser
Ce qu'un donneur d'ordre peut exiger, ce qu'il ne peut pas, et la formulation d'un refus qui tient par écrit.
Savoir où vous en êtes sur ces indicateurs
Le diagnostic rapide part de vos données actuelles et indique lesquelles tiendraient devant la première question d'un client ou d'un vérificateur, et lesquelles ne tiendraient pas. Sans compte, et sans engagement.
Ces informations décrivent des textes publics. Elles ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas la lecture du texte lui-même.