Secteur · Transport et logistique
Transport et logistique : l'information GES des prestations, et ce qu'elle suppose
Contenu vérifié le 14 août 2026
Ce qu'on vous demande, et qui le demande
Le chargeur, pour chaque prestation vendue
L'information sur la quantité de gaz à effet de serre émise par la prestation, due par le prestataire de transport et attendue avec sa méthode de calcul.
L'acheteur transport d'un grand compte, en appel d'offres
Un critère carbone dans la grille de notation : émissions par tonne transportée, part de véhicules à faibles émissions, engagement de progression.
Le client industriel évalué sur sa propre chaîne de valeur
Les données de ses flux confiés, à la ligne de facturation, pour alimenter son propre bilan sans avoir à les estimer.
La banque et le crédit-bailleur, au renouvellement de flotte
Le profil de motorisation du parc, les échéances des zones à faibles émissions, et la consommation réelle aux cent kilomètres.
Les indicateurs qui comptent ici
Carburant consommé, en litres et en litres aux cent kilomètres, par véhicule
C'est la donnée pivot du secteur : elle sert à la fois aux émissions directes de l'entreprise et à l'information due au client pour chaque prestation. Tout ce qui se calcule à partir d'autre chose se discute.
Tonnes multipliées par kilomètres, par type de véhicule
C'est l'unité dans laquelle un chargeur compare deux transporteurs. Sans elle, votre performance n'est pas comparable, donc pas défendable en appel d'offres.
Part modale : route, rail, fluvial, maritime
Dès que vous organisez du multimodal, c'est le levier le plus visible et le plus valorisé par les chargeurs, et celui que leur propre reporting met en avant.
Taux de remplissage et taux de parcours à vide
C'est le premier levier réel d'efficacité du secteur, et le chiffre le plus contesté par les clients. Une valeur issue du système d'exploitation, avec sa définition écrite, vaut mieux qu'une valeur mise en avant sans méthode.
Part de véhicules à faibles émissions, et échéance des zones à faibles émissions
C'est ce qui conditionne l'accès à certaines livraisons urbaines, donc la capacité à répondre à un marché. C'est un indicateur commercial autant qu'environnemental.
Énergie des entrepôts : froid, éclairage, charge des chariots
Pour un logisticien, l'entrepôt frigorifique peut peser plus que la flotte, et le dispositif de réduction des consommations du parc tertiaire s'applique aux surfaces concernées.
Part du transport confié à des affrétés
Le carburant des affrétés n'apparaît dans aucune de vos factures, mais la prestation vendue au client reste la vôtre. C'est l'angle mort le plus courant du secteur.
Où la donnée se trouve déjà chez vous
Carburant
Relevés des cartes carburant et sorties de cuve interne, réconciliés avec les kilomètres du parc
Qui la détient en interne : Le service exploitation et le gestionnaire de parc
Kilomètres, tonnages et distances par mission
Le logiciel d'exploitation transport, et les lettres de voiture pour les tonnages effectivement chargés
Qui la détient en interne : L'exploitation, et la facturation pour le rapprochement
Données de conduite et de tournée
Boîtiers télématiques embarqués et données du chronotachygraphe, par véhicule et par jour
Qui la détient en interne : Le responsable de parc, ou le prestataire télématique qui héberge l'historique
Transport affrété
Factures des affrétés et lignes correspondantes du logiciel d'exploitation, à défaut de données de consommation déclarées par eux
Qui la détient en interne : Le service achats transport
Énergie des sites
Factures d'électricité et de gaz par site, et volumes manutentionnés issus du système de gestion d'entrepôt pour rapporter l'un à l'autre
Qui la détient en interne : Le responsable de site
Composition du parc
Cartes grises et contrats de location longue durée, qui donnent la motorisation, la norme d'émission et l'âge
Qui la détient en interne : Les services généraux ou le gestionnaire de parc
Une remarque qui vaut pour les six secteurs : la donnée manquante est presque toujours une donnée détenue par quelqu'un d'autre, pas une donnée inexistante. C'est pour cette raison que le premier livrable utile n'est pas un rapport, c'est la liste nominative de qui doit fournir quoi, et pour quelle date.
Les trois erreurs fréquentes du secteur
Erreur 1. Calculer l'information transmise au client avec des valeurs par défaut alors que les consommations réelles existent dans les relevés de cartes carburant.
À la place : La méthode réglementaire est organisée en niveaux de précision et attend que vous utilisiez le niveau le plus précis dont vous disposez. Un transporteur qui possède ses consommations réelles et transmet une valeur moyenne se met en difficulté au premier client qui demande la méthode.
Erreur 2. Exclure le transport affrété de l'information transmise, parce que le carburant n'a pas été acheté par vous.
À la place : La prestation vendue au chargeur inclut le trajet, quel que soit celui qui conduit. L'affrètement relève de vos émissions indirectes et doit figurer dans l'information remise au donneur d'ordre. Les données se demandent à l'affrété, contractuellement, au même titre que la lettre de voiture.
Erreur 3. Additionner des tonnes-kilomètres calculées sur des distances à vol d'oiseau avec d'autres calculées sur des distances routières.
À la place : L'écart entre les deux conventions atteint couramment vingt pour cent, et un total qui mélange les deux n'est plus rejouable. On fixe la convention par écrit, on l'applique à tout le périmètre, et on la transmet avec le résultat.
Les textes qui s'appliquent
BEGES
Une obligation française, ancienne, périodique, avec une amende et une conditionnalité d'accès aux aides publiques. Environ un tiers seulement des entités assujetties dépose dans les délais.
EmpCo
Toute affirmation environnementale adressée au consommateur doit être étayée. Les allégations génériques non prouvées et les labels d'auto-certification deviennent des pratiques commerciales trompeuses.
Devoir de vigilance
Les grandes entreprises doivent identifier et prévenir les atteintes aux droits humains et à l'environnement dans leur chaîne d'activités. Elles ne peuvent pas le faire sans interroger leurs fournisseurs.
CSRD
La directive sur la publication d'informations en matière de durabilité impose un rapport de durabilité vérifié, construit sur les normes ESRS. L'Omnibus en a réduit le champ d'environ 50 000 à environ 5 000 entreprises.
Aller plus loin
Métallurgie et mécanique
Le mécanisme d'ajustement carbone sur le fer, l'acier et l'aluminium, l'énergie des fours et les rejets d'atelier concentrent les demandes reçues par un industriel de la métallurgie. Voici ce qui est exigé, par qui, et dans quel document la donnée existe déjà.
Plasturgie
Le taux de matière recyclée incorporée, les déclarations au titre de la responsabilité élargie du producteur et les composés organiques volatils concentrent les demandes reçues par un transformateur de matières plastiques. Voici ce qui est exigé, par qui, et où la donnée se trouve.
Répondre à un questionnaire client
Le questionnaire rendu au format d'origine, avec la pièce derrière chaque réponse et les trous nommés comme trous.
Puis-je refuser
Ce qu'un donneur d'ordre peut exiger, ce qu'il ne peut pas, et la formulation d'un refus qui tient par écrit.
Savoir où vous en êtes sur ces indicateurs
Le diagnostic rapide part de vos données actuelles et indique lesquelles tiendraient devant la première question d'un client ou d'un vérificateur, et lesquelles ne tiendraient pas. Sans compte, et sans engagement.
Ces informations décrivent des textes publics. Elles ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas la lecture du texte lui-même.