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Secteur · BTP et second œuvre

BTP : les données de durabilité qu'on vous demande, et où elles se trouvent

Les déchets de chantier, le gazole non routier et la sous-traitance en cascade concentrent l'essentiel des demandes reçues par une entreprise du bâtiment. Voici ce qui est réellement exigé, par qui, et dans quel document la donnée existe déjà chez vous.

Contenu vérifié le 14 août 2026

Ce qu'on vous demande, et qui le demande

Les demandes réellement reçues dans ce secteur. Nommer le demandeur vaut plus que nommer le texte : c'est lui qui fixe le format, le délai et le niveau de preuve attendu.
  • Le maître d'ouvrage, à chaque fin de lot

    La fiche déchets du chantier : tonnages par flux, exutoires utilisés, taux de valorisation, avec les bordereaux de suivi correspondants.

  • L'acheteur public, dans le mémoire technique

    Le volet environnemental de l'offre : moyens de tri sur site, part de matériaux réemployés ou recyclés, gestion des nuisances, et parfois une empreinte carbone du chantier.

  • L'entreprise générale ou le major, en tant que donneur d'ordre

    Un questionnaire fournisseur qui répercute son propre devoir de vigilance sur la chaîne de sous-traitance, y compris au deuxième et au troisième rang.

  • La banque ou le crédit-bailleur, au moment de financer du matériel

    La consommation de carburant du parc d'engins et le plan de renouvellement, parce que c'est ce qui détermine l'exposition au coût de l'énergie sur la durée du financement.

Les indicateurs qui comptent ici

Chacun avec la raison qui le rend incontournable dans ce métier. Un indicateur sans sa raison est une ligne de tableau ; avec sa raison, c'est un argument que vous pouvez tenir devant un client.
  1. Gazole non routier consommé, en litres, par engin ou par chantier

    C'est le premier poste d'émissions directes d'une entreprise de travaux, et la donnée existe déjà en comptabilité puisque le carburant est facturé. La suppression progressive du tarif réduit en a fait, en plus, une ligne que la direction financière suit de près.

  2. Tonnages de déchets par flux, et taux de valorisation

    C'est la demande la plus fréquente, la plus contrôlée et la plus documentée : le tri à la source impose de séparer les flux sur le chantier, et le bordereau de suivi est la seule preuve que le maître d'ouvrage accepte.

  3. Part de matériaux réemployés, recyclés ou biosourcés dans les fournitures

    C'est devenu un critère noté dans les consultations publiques, et un argument commercial en privé. C'est aussi le point où une affirmation non étayée devient une allégation environnementale au sens de la directive EmpCo.

  4. Taux de fréquence et taux de gravité des accidents du travail

    Le secteur est jugé sur la sécurité avant d'être jugé sur le carbone. C'est l'indicateur social systématiquement demandé, et le seul que tous vos concurrents savent produire.

  5. Part du chiffre d'affaires sous-traitée, et nombre de rangs

    La cascade de sous-traitance est le point aveugle du secteur. Un donneur d'ordre qui documente sa chaîne de valeur vous demandera qui intervient derrière vous, et une réponse évasive coûte plus cher qu'une réponse partielle mais datée.

  6. Consommation d'eau de chantier et gestion des eaux de lavage

    Le lavage des toupies et des outils produit des rejets basiques que l'arrêté d'exploitation encadre. C'est un sujet d'inspection, donc un sujet de preuve.

  7. Kilomètres parcourus par les véhicules légers et utilitaires

    Les trajets des équipes vers les chantiers pèsent lourd et sont presque toujours oubliés, parce qu'ils sont facturés sous forme de cartes carburant et non de gazole de chantier.

Où la donnée se trouve déjà chez vous

Le document ou le logiciel, et la personne qui le détient. C'est le bloc où le temps se gagne : la plupart des données réclamées existent depuis des années, ailleurs que là où on les cherche.

Gazole non routier

Factures du distributeur et relevés de cuve, reportés dans le logiciel de gestion du parc matériel

Qui la détient en interne : Le responsable matériel, et la comptabilité fournisseurs pour les factures

Déchets par flux et exutoires

Bordereaux de suivi et registre déchets, souvent détenus par le prestataire de bennes qui édite un récapitulatif par chantier

Qui la détient en interne : Le conducteur de travaux du chantier, et le responsable qualité sécurité environnement pour le registre

Électricité et eau de la base vie

Contrats de comptage provisoire de chantier, distincts des contrats du siège et souvent oubliés à la clôture

Qui la détient en interne : Le chargé d'affaires ou le service des moyens généraux

Accidents du travail

Déclarations d'accident, registre de sécurité, document unique d'évaluation des risques

Qui la détient en interne : L'animateur sécurité, ou les ressources humaines dans les structures sans fonction dédiée

Sous-traitance et cotraitance

Contrats de sous-traitance et déclarations de sous-traitants des marchés publics, dans le logiciel de gestion commerciale

Qui la détient en interne : Le service administratif des marchés, et les achats pour les contrats-cadres

Nature et origine des matériaux

Bons de livraison, et fiches de déclaration environnementale et sanitaire des produits quand elles existent

Qui la détient en interne : Le bureau d'études ou le conducteur de travaux, selon qui passe les commandes

Véhicules légers

Relevés des cartes carburant et contrats de location longue durée, qui donnent aussi la motorisation et l'âge du parc

Qui la détient en interne : Le gestionnaire de flotte, ou l'assistant de direction dans les structures plus petites

Une remarque qui vaut pour les six secteurs : la donnée manquante est presque toujours une donnée détenue par quelqu'un d'autre, pas une donnée inexistante. C'est pour cette raison que le premier livrable utile n'est pas un rapport, c'est la liste nominative de qui doit fournir quoi, et pour quelle date.

Les trois erreurs fréquentes du secteur

Celles qu'un lecteur averti repère en premier, et qui décrédibilisent le reste du dossier. Elles se vérifient en cinq minutes avant d'envoyer.

Erreur 1. Classer le gazole non routier en émissions indirectes, ou l'oublier parce qu'il est facturé au chantier et non au siège.

À la place : Le carburant brûlé dans un engin que vous possédez ou que vous louez avec conducteur relève de vos émissions directes. Il se collecte à partir des factures du distributeur et des relevés de cuve, chantier par chantier, et c'est presque toujours le premier poste du bilan.

Erreur 2. Compter les déchets en nombre ou en volume de bennes, parce que c'est ce que la facture affiche.

À la place : Le bordereau de suivi porte un tonnage par flux et le nom de l'exutoire. C'est la seule unité qui permet de calculer un taux de valorisation vérifiable, et la seule qu'un maître d'ouvrage acceptera de reprendre dans son propre rapport.

Erreur 3. Additionner les indicateurs de chantiers réalisés en cotraitance à cent pour cent, comme s'ils étaient entièrement les vôtres.

À la place : Le périmètre se déclare avant de se calculer : soit votre quote-part contractuelle, soit la totalité si vous êtes mandataire et que vous l'écrivez. Un total gonflé se détecte au premier recoupement avec le chiffre d'affaires, et il décrédibilise l'ensemble du dossier.

Les textes qui s'appliquent

Par renvoi vers les fiches datées, jamais recopiés ici. Chaque fiche porte sa référence exacte, ses échéances et ce qui a changé récemment.

Aller plus loin

Savoir où vous en êtes sur ces indicateurs

Le diagnostic rapide part de vos données actuelles et indique lesquelles tiendraient devant la première question d'un client ou d'un vérificateur, et lesquelles ne tiendraient pas. Sans compte, et sans engagement.

Ces informations décrivent des textes publics. Elles ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas la lecture du texte lui-même.